mardi 30 décembre 2008

Echec et mat

One Art

The art of losing isn't hard to master;
so many things seem filled with the intent
to be lost that their loss is no disaster.

Lose something every day. Accept the fluster
of lost door keys, the hour badly spent.
The art of losing isn't hard to master.

Then practice losing farther, losing faster:
places, and names, and where it was you meant
to travel. None of these will bring disaster.

I lost my mother's watch. And look! my last, or
next-to-last, of three loved houses went.
The art of losing isn't hard to master.

I lost two cities, lovely ones. And, vaster,
some realms I owned, two rivers, a continent.
I miss them, but it wasn't a disaster.

Even losing you (the joking voice, a gesture
I love) I shan't have lied. It's evident
the art of losing's not too hard to master
though it may look like (Write it!) like disaster.

- Elizabeth Bishop -

mercredi 24 décembre 2008

R.I.P.

Je ne serai jamais celui que j’aurais voulu être. Pas par manque de moyens mais pour une raison toute simple : ce siècle n’est pas le mien. L’Angleterre du XIXème, ou même la France de ce siècle, voilà qui m’aurait parfaitement convenu. Mais il en fût différemment. Mes aspirations ne sont pas celles de mon temps et j’ai dû en trouver d’autres. On ne vit plus de rêve de nos jours – ni d’en faire, ni d’en offrir.

Ecrivain anglais. Voilà qui m’aurait plu. Au lieu de cela je viendrai grossir la masse. A ma façon certes, mais une masse reste une masse. Tout n’est plus qu’industrie et business. Qu’il est loin Neverland ! Qu’elles sont loin ces contrées lointaines où le temps ne compte plus !

Je suis tombé aujourd’hui, presque malgré moi, sur un livre de même pas trente pages recueillant des bribes de lettres écrites par Antoine de Saint-Exupéry à un amour d’une vingtaine d’années à peine. La quasi-osmose entre le Petit Prince et son créateur est frappante. J’aurais aimé écrire de telles choses. J’aurais pu. Une histoire d’époque encore. Léo Ferré disait que si nous vivions une époque épique, nous n’avions toutefois plus rien d’épique. Eh bien nous vivons une époque déshumanisante et nous sommes bel et bien déshumanisés. L’imaginaire n’a plus que la place qu’on veut bien lui donner – c'est-à-dire celle de l’enfance – et très vite on nous apprend à compter, à calculer et à faire d’autres opérations compliquées qui achèvent aussi sec de nous ancrer dans le réel.

La magie de la simplicité n’est plus. Une histoire aussi simple que celle de Peter Pan – puisque je parlais de Neverland – n’aurait plus le même succès si elle était écrite au XXIème siècle. Pourtant cela vaut bien certaines histoires de sorcier d’aujourd’hui. Le monde des enfants n’est plus. Le Pays de l’Imaginaire a fermé ses portes. Circulez M’sieur-Dames, y a rien à voir !

mardi 23 décembre 2008

Ou pas.

J’ai toujours cette peur irrationnelle du noir. De ce qui s’y cache et de ce qui pourrait s’y cacher. Les portes dans mon dos sont toujours fermées, au cas où quelqu’un souhaiterait entrer. Aujourd’hui encore je vois des démons sous mon lit. Sauf que ce ne sont plus les mêmes. Tout change, tout évolue, et un beau matin on se rend compte qu’on ne devrait pas repenser à telle ou telle chose. Des photos dans un cimetière, des cheveux dans le vent ou un rire étouffé. Autant de choses qui n’auraient pas dû être et que l’on souhaiterait effacer de sa mémoire. Arrive un moment où rien ne part mais où au contraire tout vous hante. Les regrets, les remords, les espoirs déçus et même les attentes comblées. Les questions se bousculent, les réponses se font désirer et la nuit se transforme en un véritable désert où le repos devient tout aussi rare qu’une oasis. Et c’est comme ça toutes les nuits.

J’ai oublié tellement de choses dans ma vie que je me demande encore comment j’ai pu tenir jusque là. Je crois – non, j’en suis sûr – que c’est la première fois que je parviens à foutre en l’air autant de choses en si peu de temps. D’habitude je prends mon temps, histoire de bien voir venir, mais là non. Il semblerait que je sois parvenu à semer le temps, finalement.

Une respiration… non, un souffle, dans mon dos. Je me retourne mais il n’y a rien. Que l’obscurité. Des ombres qui dansent sur les murs au gré de mes mouvements. Evidemment. Un jour je finirai totalement fou, halluciné et paranoïaque. Je sens en permanence des yeux braqués sur moi, depuis des années je ne peux faire un geste sans me sentir observé. De là à dire que ma vie n’a été qu’un rôle, il n’y a qu’un pas, que vous auriez tort de franchir. Car même s’il est vrai que j’agis souvent comme si quelqu’un m’observait et me jugeait, j’ai vécu de ces courts instants de vérité pure ou les masques tombent et où les mots ne peuvent être que sincères.

Les photos sont toujours prises au mauvais moment. J’ai trop souvent regretté de ne pas pouvoir faire durer une seconde, une minute. Une nuit. Mais la vie entière est basée sur nos regrets. Ce sont eux qui nous construisent et nous incitent à ne plus laisser filer les opportunités qui s’offrent à nous. Lorsque la vie te tend les bras tu peux soit lui sourire soit lui filer un coup de talon dans la gueule. Au choix. Il est des risques qui ne valent pas la peine d’être pris. Le tournant dans une relation, quelle qu’elle soit, c’est quand la fin se fait tellement proche qu’elle ne surprendrait même pas – pire, qu’elle serait ressentie comme un soulagement. Lorsque l’indifférence a pris la place du mépris, ou de l’amour (le mépris n’est pas une étape indispensable), on devrait avoir la force de tout quitter. De partir et d’aller refaire son nid ailleurs, sur une autre branche. Encore faut-il en avoir envie.

Rares sont les personnes qui me font une bonne impression. Encore plus rares sont celles qui se révèlent totalement différentes de l’image que j’avais d’elles avant de leur parler. Au cours des dernières années je peux les compter sur les doigts d’une main d’ouvrier dans un goulag sibérien. J’ai tout récemment levé un doigt de cette main.

J’ai peur de revoir certains visages. La seule pensée que mes actions puissent être mal interprétées et conduire à des choses que je ne souhaite pas m’effraie. J’ai fait beaucoup d’erreurs ces derniers mois, certaines consciemment, d’autres non, et je prends conscience qu’elles vont me coûter plus que je ne le pensais. Pas d’interprétation hâtive, vous ne savez pas de quoi je parle, et ce n’est pas ce que vous pensez. Qui que vous soyez d’ailleurs, vous qui lisez ces lignes.

J’avais il y a quelques mois commencé un projet qui ressemble étrangement aux premiers paragraphes de ce texte. Je crois que je mets un peu trop de moi dans ce que j’écris. Si mes romans sont des autobiographies – par anticipation, s’entend – je ne suis pas certain de vouloir vivre mon futur. C’est pourtant bien le chemin que je prends. L’Alpha et l’Omega. Le début et la fin. J’ai ce besoin à la fois d’écrire et d’être malheureux pour écrire. Avec ça, on ne peut pas dire que les années qui viennent s’annoncent gaies. On verra. De toute façon c’est ce que je fais de mieux, regarder. Vu ce qui se passe quand j’agis, je ferais peut-être mieux de m’y tenir…

vendredi 12 décembre 2008

En vrac

Je ne puis m'empêcher d'être continuellement surpris par la facilité avec laquelle certaines personnes oublient leur amour-propre pour aller lécher le c... de leurs "ennemis" d'antan. Evidemment, ce type de comportement est devenu tellement banal à notre époque qu'il ne sert plus à rien de le signaler, mais j'ai toujours autant de mal à m'y faire.

Facebook est un outil merveilleu...sement naze. Déjà que sans y être, j'avais un fort a priori sur la question, mais maintenant c'est une certitude tout ce qu'il y a de plus absolue.
J'ai pas mal de choses à faire, je dors 3h par nuit (enfin, je suis couché 3h par nuit...), les journées filent à une allure folle et je n'ai même plus le temps de rédiger des chroniques pour Discordance. Enfin si : j'ai pu taper quelques mots dans le train à propos de Mokaiesh, album du groupe du même nom sorti il y a quelques mois de cela.

Quelques échos sur mon petit bouquin, tous positifs. L'appréciation d'un professeur de criminologie m'a particulièrement fait plaisir. Si j'avais le temps, je le traduirais et je tripleraison volume mais le manque de temps se fait cruellement ressentir; les ressources se sont en outre considérablement amenuisées depuis mon retour en France. Ah les milliers de livres disponibles 24/24h, c'est bien fini...

Ah et accessoirement la radio me tend les bras :) Bon il ne s'agissait que d'une petite station locale mais quand même. Quoiqu'il en soit, je n'ai déjà pas suffisamment de temps pour moi, alors c'est pas pour le donner à d'autres...