lundi 19 mai 2008

Un taxi mortel et un album que l'on espère l'être autant

Le nouvel album de Death Cab for Cutie, Narrow Stairs, est sorti le 13 mai dernier. En attendant que je l'écoute à tête reposée, bien installé dans un fauteuil à deux heures du matin, je peux d'ores et déjà vous dire que le single diffère assez de ce qu'ils nous avaient proposé auparavant.


DCFC est un groupe qui n'est pas assez connu de ce côté-ci de l'océan et c'est bien dommage. Il y a quelques années j'avais lu que Plans, leur précédent album, était "l'album à écouter la nuit précédant le grand amour". Je cite cette phrase de mémoire mais j'essaierai de retrouver les mots exacts. Force est de reconnaître que c'est la phrase la plus juste que j'ai pu lire à propos de Plans. C'est tellement juste que dans mon cas ce fut vrai. J'avais passé la nuit à écouter cet album en boucle et voilà... La magie de DCFC avait opéré.


Avec Narrow Stairs nous étions prévenus : la surprise allait être créée. Elle était déjà palpable avec la sortie du premier single, "I will possess your heart", qui ne dure pas moins de 8:35 minutes. La transition musicale déjà amorcée avec Plans serait confirmée avec Narrow Stairs. Je m'abstiens de lire les critiques pour le moment, je veux Décourvir cet album avec des oreilles totalement neuves, sans préjugés. Découvrir avec un grand D.
J'en profite pour vous préciser que mon article sur le premier album du groupe Demago, Hôpital, a été publié sur Discordance : cliquez ici.

vendredi 16 mai 2008

Un nouvel Etat légalise le mariage homosexuel

On passera sur l'évènement de la semaine, à savoir George W. Bush en train de pleurer, pour se concentrer (bien que très brièvement) sur une décision de la Cour Suprême de Californie. Pour ceux que la vidéo du président américain intéresserait, elle est disponible via cet article : ici (les liens sont toujours camouflés, ça n'a pas changé).

Je disais donc : la Cour Suprême de Californie. Ladite Cour a donné hier raison à plusieurs plaignants, dont la ville de San Francisco elle-même, en déclarant que l'interdiction du mariage homosexuel était contraire à la Constitution américaine. Dans l'Etat le plus peuplé des Etats-Unis, avec à son actif entre 36 et 37 millions de personnes, une telle décision ne manquera pas d'avoir des répercussions à une échelle nationale. Cependant la Californie n'est pas le premier Etat à avoir légalisé le mariage homosexuel : le Massachusetts l'avait déjà fait en mai 2004. Les Américains seraient-ils en train de devenir plus tolérants? Ne rêvons peut-être pas trop.

mercredi 14 mai 2008

Linda Lê - Petite soeur aux lèvres sûres

En 1992, après vingt longues années d'absence sur les scènes françaises, Jacques Dutronc se produisait au Casino de Paris. Cet album est depuis devenu un incontournable à la fois dans la carrière de Dutronc mais aussi dans toute discothèque d'amateur de chanson française. Ainsi on y redécouvrait L'Opportuniste, J'aime les filles, La fille du Père Noël etc. Mais pas seulement.

Parmi les 19 chansons qui figurent sur cet album, certaines retiennent particulièrement l'attention, dont L'Âme soeur et Entrez M'sieur dans l'humanité. Ces deux morceaux (qui se suivent) affichent des textes bien écrits et non dénués d'une certaine ironie. Je viens de découvrir que c'est la même personne qui a participé à leur écriture : Linda Lê. Je ne connaissais pas du tout cet auteur et son univers m'a l'air d'être plus qu'intéressant. Pour le moment je retiendrai d'elle cette phrase : « C'est seulement par la connaissance des gouffres que l'on peut atteindre la vérité et par l'exploration des marges et de la nuit que l'on peut atteindre le mythe. »

mardi 13 mai 2008

Auto-édition - Etape 1

Aujourd’hui j’ai décidé de tester l’auto-édition (le procédé fera l'objet d'un plus ample article dans les jours qui viennent). Et par quoi est-ce que ça commence, l'auto-édition ? Par écrire un bouquin, certes… Mais une fois que c’est fait ? Par l’obtention d’un numéro ISBN ! Ainsi j’ai téléchargé le formulaire disponible via l’AFNIL, l’Agence Francophone pour la Numérotation Internationale du Livre. Ce formulaire est disponible en version pdf, ici, ou en version Word, ici. Ce formulaire devra être retourné à l'AFNIL par mail, fax ou encore courrier postal.

Allons-y. Je remplis mon nom, mon prénom, je donne mes coordonnées. Ca se corse : présentez votre projet éditorial. Qu'à cela ne tienne, je triomphe des difficultés et recopie ma quatrième de couverture. Nombre de titres prévus en moyenne par an. Ca a l'air important, ils précisent bien que "pour que nous puissions prendre en compte votre dossier, vous devez ABSOLUMENT renseigner cette rubrique". Mettons 3 alors. Je mettrais bien sept ou huit mais ils croiraient que mon nom est le nouveau pseudonyme d'Amélie Nothomb... Puis viennent les questions qui touchent au côté commercial de la chose : comptez-vous commercialiser votre ouvrage? Bah oui, quand même, j'ai pas peiné à écrire 300 pages pour les laisser au fond de mon tiroir.

Circuit de commecialisation, procédé d'impression... Ah voilà le plus important : "Renseignements sur le premier ouvrage à paraître". Titre, auteur, nombre de pages, type de reliure, format, nom de l'imprimeur, tirage, dates d'impression et de mise en vente... Tout y passe.

Eh bien voilà, ça y est : mon formulaire est fin prêt à être envoyé. Le délai d'obtention d'un numéro ISBN est de trois semaines. Je posterai le formulaire quand j'y penserai, disons samedi. Rendez-vous dans trois-quatre semaines pour voir si ça a marché.

Articles à venir : l'impression, le dépôt légal, le succès, l'adaptation cinématographique, l'alcool-le-sexe-et-les-drogues. Rien de bien nouveau en somme!

samedi 10 mai 2008

Interview (quel titre original)

Etant très imbu de ma personne je considère naturellement que ce que je fais est digne d'intérêt. C'est pourquoi je vous indique que l'entretien que j'ai eu avec Jérôme Attal est disponible ici (eh oui, sur ce blog les liens sont camouflés, à vous de les trouver!). Accordez-vous dix minutes et venez découvrir son univers. Comment pourriez-vous mieux utiliser ces dix prochaines minutes?

Dans un violon

Fontaine. 1917-1964. Marcel Duchamp invente le concept du ready-made. Cette oeuvre est certainement une des questions les plus intéressantes que l'on puisse se poser au sujet de l'art contemporain. Est-ce seulement une oeuvre? Voyons ce que nous répond l'honorable Académie Française : Ouvrage de l'esprit, produit de l'activité intellectuelle et artistique. Et nous touchons là à l'essence même de l'art conceptuel : une réalisation intellectuelle, aux dépends de la réalisation artistique telle qu'entendue jusque-là. On ne fabrique plus, on transfigure.

Ainsi cet urinoir que Duchamp a détourné de sa fonction première en 1917 a été perdue depuis sa première exposition à New York. C'est en 1964 que l'artiste crée une nouvelle série. Nous ne sommes donc plus face à l'original mais face à une copie de cet original. Y a-t-il une différence? Non. Non? Alors que l'intention première était de tourner en dérision, dans une pure démarche artistique, la seconde semble s'inscrire dans une logique de perpétuation de la renommée. Beaucoup plus critiquable, tout à coup. Est-il juste pour Duchamp d'écrire à nouveau 1917 sur cet urinoir alors qu'un demi-siècle le sépare de son prédécesseur?

Mais ce n'est pas le sujet de cet article. Mon propos est simple, ma question l'est tout autant : est-ce de l'art? L'art conceptuel porte souvent à controverse de par sa nature même : transfigurer sans créer. Mais le détournement de la fonction initiale d'un objet n'est-elle pas une forme de création intellectuelle? Sans aucun doute. Si je place mon téléphone portable ultra-plat sous une porte pour la caler, je détourne également l'objet de sa fonction première. Est-ce pour autant de l'art? D'aucuns à cette question répondraient par la négative, et ils auraient raison. Est-ce l'exposition qui fait l'œuvre, alors?

Pinoncelli a attaqué cet urinoir au marteau en 1993, après avoir uriné dedans. En 2006 il a réitéré son geste, se contentant cette fois d'un coup de marteau. Pourquoi? Pour que cet urinoir puisse revenir à ce qu'il est : un produit industriel sans autre vocation que celle de tous ses semblables. Duchamp a décidé en 1917 de prendre cet urinoir et d'en faire une oeuvre d'art à part entière. Mais qu'est-ce qui en fait une oeuvre distincte des urinoirs des musées l'accueillant en leur sein?

Pinoncelli a déclaré : "un urinoir dans un musée doit forcément s'attendre à ce que quelqu'un urine dedans un jour, en réponse à la provocation inhérente à la présentation de ce genre d'objet trivial dans un musée". Provocation, le mot est lâché. Pour nombre d'artistes, et de non-artistes également, ce genre d'expositions est une insulte à l'Art. Est-ce le cas? Je n'ai pas la réponse, et ai encore moins la prétention de prétendre l'avoir. De toute façon la réponse unique n'existe pas. Personnellement je reste perplexe devant ce genre de transfigurations. L'intérêt m'échappe. L'art doit-il seulement avoir un intérêt? Bien sûr que non, mais coucher un urinoir et l'exposer dans des musées ne me semble pas répondre à une logique artistique.

David Hume a écrit dans ses Essais Esthétiques : "la beauté n'est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l'esprit qui la contemple".

Selon Kant une oeuvre artistique ne peut se voir attribuer de fin claire et précise par son auteur. Si c'est le cas elle devient un produit technique, tout au plus. C'est cette absence de finalité qui rend une oeuvre "belle" aux yeux du spectateur; le spectateur dit d'une oeuvre qu'elle est "belle" lorsqu'il pense qu'elle correspond à une finalité fixée par l'artiste. Cependant cette finalité n'existe pas.

Une oeuvre d'art doit donc avoir une finalité pour le spectateur. Je n'en vois pas en ce qui concerne la Fontaine. Je suppose donc que je ne la considère pas comme oeuvre d'art. Comme pied de nez (volontaire?) au monde de l'art et tout spécialement aux marchands d'art et aux musées? J'aime à y croire.

vendredi 9 mai 2008

Il venait d'avoir 18 ans...

Pascal Sevran est mort. A l'âge de 62 ans, celui qui a animé et a si souvent donné La chance aux chansons s'est éteint des suites d'un cancer dans la ville de Limoges. Alors que Nicolas Sarkozy veut se souvenir de lui comme d'un "homme aux multiples talents, producteur, homme de télé et de radio, chanteur et écrivain", il est difficile de ne pas se souvenir de la récente controverse qu'avait suscité en 2006 Le privilège des Jonquilles.

Mais effectivement, il est sans doute préférable de ne se souvenir que de l'amoureux de la chanson, celui qui a écrit pour Dalida et qui a su transmettre cet amour de la musique à des millions de télespectateurs durant toutes ces années.

C'est l'occasion de se souvenir de ceci :

jeudi 8 mai 2008

Premier billet

Le premier billet est toujours plus difficile à écrire que les autres. On aimerait qu'il donne envie de revenir tout en reflétant bien l'esprit de ce que sera le blog. Mais finalement on ne sait jamais vraiment la tournure que prendront les choses, et ce qui était certain hier ne le sera plus demain.

Je vais donc parier sur une valeur sûre : la présentation. On ne se trompe jamais avec ça. Cependant je serai bref, je n'ai pas l'intention de m'étendre sur le sujet. Disons simplement que l'actualité m'intéresse, tout comme les arts (par là j'entends la littérature, la musique, le cinéma, la peinture...). Il y a donc des chances que vous retrouviez un peu de tout ça sur ce blog.
Il se trouve que j'écris pour le webzine musical et culturel Discordance. J'y écris essentiellement sur le cinéma et la musique, faisant quelques interviews lorsque l'artiste en vaut la peine.

Oh, pourquoi E-vagation? Parce qu'en français évagation signifie distraction. La définition exacte, selon l'Académie Française, serait : Disposition de l'esprit distrait qui erre au lieu de se fixer sur un objet de méditation déterminé. Et dans un monde où la diversité n'a jamais été autant visible, comment ne pas se laisser distraire en permanence?