Le nouvel album de Death Cab for Cutie, Narrow Stairs, est sorti le 13 mai dernier. En attendant que je l'écoute à tête reposée, bien installé dans un fauteuil à deux heures du matin, je peux d'ores et déjà vous dire que le single diffère assez de ce qu'ils nous avaient proposé auparavant.
lundi 19 mai 2008
Un taxi mortel et un album que l'on espère l'être autant
vendredi 16 mai 2008
Un nouvel Etat légalise le mariage homosexuel
mercredi 14 mai 2008
Linda Lê - Petite soeur aux lèvres sûres
En 1992, après vingt longues années d'absence sur les scènes françaises, Jacques Dutronc se produisait au Casino de Paris. Cet album est depuis devenu un incontournable à la fois dans la carrière de Dutronc mais aussi dans toute discothèque d'amateur de chanson française. Ainsi on y redécouvrait L'Opportuniste, J'aime les filles, La fille du Père Noël etc. Mais pas seulement.mardi 13 mai 2008
Auto-édition - Etape 1
samedi 10 mai 2008
Interview (quel titre original)
Dans un violon
Fontaine. 1917-1964. Marcel Duchamp invente le concept du ready-made. Cette oeuvre est certainement une des questions les plus intéressantes que l'on puisse se poser au sujet de l'art contemporain. Est-ce seulement une oeuvre? Voyons ce que nous répond l'honorable Académie Française : Ouvrage de l'esprit, produit de l'activité intellectuelle et artistique. Et nous touchons là à l'essence même de l'art conceptuel : une réalisation intellectuelle, aux dépends de la réalisation artistique telle qu'entendue jusque-là. On ne fabrique plus, on transfigure.Ainsi cet urinoir que Duchamp a détourné de sa fonction première en 1917 a été perdue depuis sa première exposition à New York. C'est en 1964 que l'artiste crée une nouvelle série. Nous ne sommes donc plus face à l'original mais face à une copie de cet original. Y a-t-il une différence? Non. Non? Alors que l'intention première était de tourner en dérision, dans une pure démarche artistique, la seconde semble s'inscrire dans une logique de perpétuation de la renommée. Beaucoup plus critiquable, tout à coup. Est-il juste pour Duchamp d'écrire à nouveau 1917 sur cet urinoir alors qu'un demi-siècle le sépare de son prédécesseur?
Mais ce n'est pas le sujet de cet article. Mon propos est simple, ma question l'est tout autant : est-ce de l'art? L'art conceptuel porte souvent à controverse de par sa nature même : transfigurer sans créer. Mais le détournement de la fonction initiale d'un objet n'est-elle pas une forme de création intellectuelle? Sans aucun doute. Si je place mon téléphone portable ultra-plat sous une porte pour la caler, je détourne également l'objet de sa fonction première. Est-ce pour autant de l'art? D'aucuns à cette question répondraient par la négative, et ils auraient raison. Est-ce l'exposition qui fait l'œuvre, alors?
Pinoncelli a attaqué cet urinoir au marteau en 1993, après avoir uriné dedans. En 2006 il a réitéré son geste, se contentant cette fois d'un coup de marteau. Pourquoi? Pour que cet urinoir puisse revenir à ce qu'il est : un produit industriel sans autre vocation que celle de tous ses semblables. Duchamp a décidé en 1917 de prendre cet urinoir et d'en faire une oeuvre d'art à part entière. Mais qu'est-ce qui en fait une oeuvre distincte des urinoirs des musées l'accueillant en leur sein?
Pinoncelli a déclaré : "un urinoir dans un musée doit forcément s'attendre à ce que quelqu'un urine dedans un jour, en réponse à la provocation inhérente à la présentation de ce genre d'objet trivial dans un musée". Provocation, le mot est lâché. Pour nombre d'artistes, et de non-artistes également, ce genre d'expositions est une insulte à l'Art. Est-ce le cas? Je n'ai pas la réponse, et ai encore moins la prétention de prétendre l'avoir. De toute façon la réponse unique n'existe pas. Personnellement je reste perplexe devant ce genre de transfigurations. L'intérêt m'échappe. L'art doit-il seulement avoir un intérêt? Bien sûr que non, mais coucher un urinoir et l'exposer dans des musées ne me semble pas répondre à une logique artistique.
David Hume a écrit dans ses Essais Esthétiques : "la beauté n'est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l'esprit qui la contemple".
Selon Kant une oeuvre artistique ne peut se voir attribuer de fin claire et précise par son auteur. Si c'est le cas elle devient un produit technique, tout au plus. C'est cette absence de finalité qui rend une oeuvre "belle" aux yeux du spectateur; le spectateur dit d'une oeuvre qu'elle est "belle" lorsqu'il pense qu'elle correspond à une finalité fixée par l'artiste. Cependant cette finalité n'existe pas.
Une oeuvre d'art doit donc avoir une finalité pour le spectateur. Je n'en vois pas en ce qui concerne la Fontaine. Je suppose donc que je ne la considère pas comme oeuvre d'art. Comme pied de nez (volontaire?) au monde de l'art et tout spécialement aux marchands d'art et aux musées? J'aime à y croire.
