mercredi 24 décembre 2008

R.I.P.

Je ne serai jamais celui que j’aurais voulu être. Pas par manque de moyens mais pour une raison toute simple : ce siècle n’est pas le mien. L’Angleterre du XIXème, ou même la France de ce siècle, voilà qui m’aurait parfaitement convenu. Mais il en fût différemment. Mes aspirations ne sont pas celles de mon temps et j’ai dû en trouver d’autres. On ne vit plus de rêve de nos jours – ni d’en faire, ni d’en offrir.

Ecrivain anglais. Voilà qui m’aurait plu. Au lieu de cela je viendrai grossir la masse. A ma façon certes, mais une masse reste une masse. Tout n’est plus qu’industrie et business. Qu’il est loin Neverland ! Qu’elles sont loin ces contrées lointaines où le temps ne compte plus !

Je suis tombé aujourd’hui, presque malgré moi, sur un livre de même pas trente pages recueillant des bribes de lettres écrites par Antoine de Saint-Exupéry à un amour d’une vingtaine d’années à peine. La quasi-osmose entre le Petit Prince et son créateur est frappante. J’aurais aimé écrire de telles choses. J’aurais pu. Une histoire d’époque encore. Léo Ferré disait que si nous vivions une époque épique, nous n’avions toutefois plus rien d’épique. Eh bien nous vivons une époque déshumanisante et nous sommes bel et bien déshumanisés. L’imaginaire n’a plus que la place qu’on veut bien lui donner – c'est-à-dire celle de l’enfance – et très vite on nous apprend à compter, à calculer et à faire d’autres opérations compliquées qui achèvent aussi sec de nous ancrer dans le réel.

La magie de la simplicité n’est plus. Une histoire aussi simple que celle de Peter Pan – puisque je parlais de Neverland – n’aurait plus le même succès si elle était écrite au XXIème siècle. Pourtant cela vaut bien certaines histoires de sorcier d’aujourd’hui. Le monde des enfants n’est plus. Le Pays de l’Imaginaire a fermé ses portes. Circulez M’sieur-Dames, y a rien à voir !

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